Le Front roumain en Septembre 1917
 
      La dépêche télégraphique chiffrée du comte de Saint Aulaire, ministre de la République française en Roumanie, au Ministère des Affaires Etrangères à Paris, que nous présentons ici donne un aperçu  sur la situation politique et militaire du royaume, réduit à  la partie de la Moldavie libre et défendue, après l’effondrement de l’armée russe, seulement par les forces roumaines. Nous reproduisons le document d’après le volume des documents La Roumanie dans la Grande Guerre. L’année 1917 en préparation à l’Institut d’Études politiques de Défense et d’Histoire militaire, par les soins de MM. le colonel Petre Otu, dr. Alexandru Madgearu et Mme. Cerasela Moldoveanu.
 
 
No. 503-504                                                 Jassy, 10 septembre 1917
        Mon télégramme no. 415 a résumé les renseignements que j’ai recueillis sur le projet austro-allemand de paix séparée et sans doute d’alliance avec la Roumanie. Il permet d’apprécier la part de vérité contenue dans les propos des agents autrichiens de La Haye. D’après ces renseignements, il s’agissait, en cas d’évacuation de la Moldavie par les Russes, de traiter non avec le Gouvernement roumain actuel, mais avec un nouveau Roi à proclamer sous les auspices de l’Allemagne avec le concours des hommes d’Etat roumains germanophiles de Bucarest. Quant au Roi Ferdinand et à M. Bratiano, ils ont le sentiment très net que l’ennemi ne consentirait pas à traiter avec eux, ou du moins les remplacerait après les avoir […][1]. Donc[…] Angoisses et peut-être des hésitations que la révolution russe justifie, leur décision de passer en Russie avec le Gouvernement et l’armée, en cas d’évacuation de la Moldavie, est inébranlable. Les préparatifs se poursuivent en vue de l’installation éventuelle du Gouvernement à Cherson ou Odessa. Le Maréchal du Palais se rend dans ces 2 villes pour aménager les immeubles affectés à la famille royale. J’ai déjà signalé le départ pour la Russie, par ordre du Gouvernement, des membres du Parlement. M. Bratiano que j’ai interrogé sur les propositions de paix faites à Berlin à M.M. Carp et Marghiloman m’a déclaré n’avoir aucune information précise à ce sujet. D’après un témoignage que je n’ai pu contrôler, il aurait cependant reçu récemment une lettre de M. Carp par l’entremise de son fils, ancien conseiller de la Légation de Roumanie à Vienne, actuellement à Jassy. Le plus probable est qu’il a cherché à se renseigner sur les pourparlers de Berlin, mais a préféré ne pas s’en ouvrir à moi. Cette curiosité et cette réserve n’enlèvent rien à la fermeté de résolution que d’ailleurs la force des choses lui impose.
         Les assertions des agents autrichiens de La Haye sont complètement inexactes sur le seul point que je puisse vérifier avec certitude. M. Kerenski n’est jamais venu depuis que la débâcle russe a posé les questions de la paix séparée avec l’ennemi. Cette éventualité ne se réaliserait que si toute autre solution était impraticable, soit parce que la Russie conclurait elle-même une paix séparée, soit parce que le […] s’y aggraverait au point d’y rendre impossible le […] de l’Etat roumain en cas d’occupation de la Moldavie.
        Actuellement la situation locale ne parait pouvoir être compromise que par de nouveaux désastres russes qui menaceraient d’isoler complètement la Moldavie. Sur ce front l’ennemi, désemparé par la résistance opiniâtre de l’armée roumaine, a cessé d’attaquer et pris des dispositions défensives en accumulant les réseaux de fil de fer et en creusant de nouvelles lignes de tranchées.
           D’autre part, d’après des informations que V[otre] Exc[ellence] est sans doute à même de vérifier, M. Radoslavoff aurait déclaré récemment que la Bulgarie exige pour prix du maintien de son alliance avec les empires centraux la promesse de la Macédoine, de l’Oltenie et de la Dobroudja. Or, d’après les adversaires de MM. Carp et Marghiloman, ces dernières exigences sont inacceptables même pour ces derniers et excluraient donc tout espoir de paix séparée signée avec leur concours après l’exode en Russie du Gouvernement actuel.
            Le coup médité par l’Allemagne contre la Roumanie étant, à la fois, grâce à l’armée roumaine, plus difficile et grâce aux appétits bulgares moins profitable qu’elle l’aurait pensé, on peut supposer qu’elle y a momentanément renoncé.
         Mon collègue russe a reçu la réponse de Monsieur Terestchenko au télégramme identique des représentants de l’Entente sur les demandes de la Roumanie (voir mon télégramme 474). Il y manifeste quelque mauvaise humeur en présence de ce qu’il appelle l’immixtion de M. Bratiano dans les questions militaires. M. Poklewski évitera de faire part de ce sentiment au Président du Conseil. Ce dernier ne manquera pas de répondre qu’il s’est borné à demander la relève d’une partie des troupes russes par des unités serbes et tchèques, que cette mesure est également réclamée par tous les représentants de l’Entente, qui la considèrent comme la seule de nature à consolider le front russo-roumain et enfin qu’aucune initiative spéciale n’est nécessaire pour estimer que des troupes qui se battent sont préférables à des troupes qui souvent refusent de se battre et dévastent le pays.
        Le projet de renforcement de l’armée roumaine par une armée serbo-tchèque, dont les éléments d’ailleurs inutilisés sont en Russie prend de plus en plus corps et apparaît ici comme le seul moyen sûr de […] la situation sur ce front, mais aussi de préparer pour le printemps prochain une vigoureuse offensive qui, combinée avec celle de l’armée de Macédoine, permettrait enfin de régler le compte des Bulgares et des Turcs. Quant à la demande d’affectation de la récolte de Bessarabie au ravitaillement de l’armée et de la population roumaines, […] se rattache à une organisation générale de ravitaillement qui n’est pas de sa compétence. D’autre part, le Général Korniloff a fait savoir qu’il a donné des ordres en vue de satisfaire à cette demande. Mais on craint ici que faute d’entente entre le pouvoir civil et le pouvoir militaire ces assurances restent sans effet.

 
Saint-Aulaire 
(Arhivele Naţionale Istorice Centrale, Microfilme Franţa, inv. 1203, rola 90, dosar XIII, filele 27-29)
 
                                                                                       Sergiu Iosipescu, septembre 2017
 
[1] Mots manquants dans le déchiffrement.
O mărturie răzleaţă despre renaşterea Armatei române şi semnificaţia victoriei ei la Mărăşeşti
 
         Ofiţer de marină educat în înaltele şcoli navale ale Franţei, inginer specialist în electricitate, doctor în drept al Universităţii din Bruxelles, diplomat, înălţându-se pănă la funcţia de ministru plenipotenţiar al Regatului României la Stockholm, visiting professor în Statele Unite, matematician, poet şi estetician, personaj desprins parcă din Renaştere, Matila Ghyka (13 septembrie 1881 - 14 iulie 1965), strănepotul ultimului principe al Moldovei, a fost, deopotrivă, un erou al Războiului de Întregire a României.
           Târziu, în exil,  după cea de-a doua conflagraţie mondială avea să-şi scrie amintirile « într-o casă uriaşă din secolul al XVII-lea, situată într-un parc, la câţiva kilometri de Dublin ; /…/ atmosfera din Insula Smaraldului e cea mai odihnitoare ce se poate închipui ; /…/  restul lumii nu există, ori foarte puţin ;... Evenimentele de care se ocupă lumea aici datează de două, patru sau opt secole ; /…/ Irlanda de azi, cu mireasma de secol XVIII ce pluteşte încă peste casele ei de ţară, castele, ferme uriaşe ori conace, ospitalitatea generoasă a locuitorilor ei, un anume dispreţ pentru ordine şi o privire prea pedantă a clipei şi a exigenţelor ei, îmi aminteşte de Moldova copilăriei mele ».  
Între  paginile reminiscenţelor sale - Couleur du monde. Escales de ma jeunesse -, apărute în 1956, câteva rânduri se remarcă prin acuitatea viziunii asupra renaşterii militare româneşti din anul 1917 şi a însemnătăţii victoriei de la Mărăşeşti pentru ansamblul Frontului de Est.
        „În timpul Primului Război Mondial am avut prilejul să constat extraordinara capacitate a ţăranilor români, inteligenţa lor capabilă să-şi însuşească teoria pură, combinată în mod paradoxal cu intuiţia , cu simţul mecanicii.
          Misiunea franceză a generalului Berthelot în România, după dezastrul din toamna anului 1916, care a însemnat dizintegrarea armatelor ce începuseră războiul sub acţiunile combinate ale înfrângerilor şi ale tifosului, şi-a pus problema să refacă, în cel mai scurt timp posibil, o armată română capabilă să-i oprească pe nemţi când primăvara ar fi îngăduit reluarea acţiunilor militare.
        Elementele acestei reeducări erau tinerele contingente duse în Moldova în timpul retragerii, resturile armatei a cărei înfrângere provocase retragerea, ca şi bolnavii recuperaţi din spitalele pline de răniţi şi de suferinzi de tifos exantematic.
          Când a venit primăvara s-a produs miracolul: văzând defilarea noii armate la Iaşi, la 10 mai 1917, nu-mi puteam imagina că aceşti soldaţi semeţi şi surâzători, recent echipaţi din cap până în picioare, cu chipie la fel cu ale soldaţilor francezi, erau camarazii posomorâţi care, cu două luni în urmă, rătăceau ca nişte fantome pe străzile oraşelor moldovene – ori erau aceleaşi fantome reîncarnate.
          Două luni mai târziu, aceste trupe opreau la Mărăşeşti ultima mare ofensivă germană pe Frontul oriental.
        Miracolul se datora, în parte, devotamentului şi strădaniilor ofiţerilor misiunii Berthelot, dar, în mare parte, şi strălucitului material uman, în care corpurile vânjoase ale ţăranilor balcanici, sau mai curând carpatini se îngemănau cu inteligenţa vie – scînteierea latină în aşteptare de nousprezece veacuri”[1].
 

 
 



 
 

[1] Traducerea se datorează doamnei dr. Georgeta Filitti.
La préparation
de l’offensive roumaine et russe de 1917.
Le témoignage du Chrtistopher Birdwood Thomson,
l’attachée militaire britannique en Roumanie
 

          Pour donner à la campagne de 1917 un caractère décisif, la Conférence interalliées de Chantilly (15-16 novembre 1916), la dernière présidée par le généralissime Joffre avant son remplacement avec le général Nivelle, décida l’offensive sur les deux fronts pour le printemps prochain. Au cours de la réunion les représentants de la Russie ont communiqué la mise en pleine exploitation du chemin de fer de Mourmansk pour l’approvisionnement du front oriental.

          En Janvier 1917 une nouvelle conférence à Petrograd établit les plans d’action sur les différents secteurs du front oriental. Parmi les participants fût le colonel Chrtistopher Birdwood Thomson, l’attachée militaire britannique qui en présentant l’objectif de la conférence «  de discuter la conduite de la guerre, les finances, les approvisionnements et la coopération », ajoutait avec amertume que c’est « un an trop tard ». Dans ses mémoires codifies Smaranda le colonel Thomson donne quelques renseignement supplémentaires que nous reproduisons ici

« Petrograd, 20 Février 1917

C’est une orgie d’hospitalité et de mensonges. Les Russes ont promis de faire une offensive, mais, en dépit des assurances  contraires, les nouvelles voies ferres nécessaires a son exécution ne sont  pas encore tracées. Les Alliées ont promis de fournir des munitions, de bonne foi sans doute,  mais pour une raison ou une autre, ces munitions, ou, de moins, la grosse majorité de ces munitions ne parviendra jamais jusqu'à la troupe. Et le pauvre Smarandaland[1] dont le sort est inextricablement lie a celui de la Russie, recevra les miettes qui tomberont de la table du prodigue, une fois que le gaspillage, le chaos et la corruption se seront donne libre cours.  »

 

« Smarandaland, 19 mars 1917

Maintenant que la révolution a commence en Russie, le pays de Smaranda se trouve « entre l’Enfer et la mer profonde ». Le roi est une des rares personnes qui conserve son sang froid ; les autres sont devenus hystériques et on peut a peine le blâmer. Le roi dit : «  J’ai nerfs d’Allemand » Mais Sa Majesté est loin d’être heureuse. Peu d’hommes ont fait autant de sacrifices que ce Hohenzollern ; si les Alliées étaient battus, il perdrait tout ».

 

« Smarandland , 19 Mai 1917

/…/ Pendant ma dernière visite au front, j’ai été surpris bien des indices de fraternisation entre les Russes, d’une part,  et les Allemands et les Autrichiens du cote opposée. Les communications par écrit ou verbales étaient réguliers ; les fusils étaient silencieux. ».

(Princesse  Bibesco, Le destin du Lord Thomson of Cardington, suivi de Smaranda par le Brigadier General Lord  Thomson of Cardington, Ernest Flammarion, Paris, 1932, pp. 228, 226, 228-229.)

 

Des riches collections du Musée Militaire National« le Roi Ferdinand Ier» de Bucarest nous avons reproduit également pour nos internautes quelques images photographiques prises pendant les mois d’attente de l’offensive dans la retraite de Moldavie : l’Hôpital français de Jassy, un hôpital de campagne, les réseaux des barbelées du front de la Basse Moldavie, un canon de 105 dans le pas d’Oituz et enfin la nouvelle armée roumaine défilant devant le roi Ferdinand Ier , le prince héritier et le général Eremia Grigorescu.

 

                                                                                          Sergiu Iosipescu, Août 2017

 

 

[1] La Roumanie.

 
Bătălia de la Mărăşti
 
       După refacerea armatei române la noile standarde ale  războiului modern, operă îndeplinită cu ajutorul neprecupeţit al personalului Misiunii militare franceze condusă de generalul Hentri Mathias Berthelot, Marele cartier general al Frontului românesc a decis, în acord cu Stavka Frontului oriental rus, declanşarea unei ofensive generale.
         Dacă pe frontul din Bucovina la Marea Baltică descompunerea armatei ruse şi anarhia din Rusia au împiedicat înfăptuirea planului de campanie pentru vara anului 1917, la 9/22 iulie Marele Cartier General al Frontului românesc – regele Ferdinand I al României, consilierul său, generalul Berthelot, şi generalul Prezan, şeful Statului Major – au dispus declanşarea ofensivei în sectorul Armatei a II-a româneşti conduse de generalul Alexandru Averescu, având ca pivot central satul Mărăşti de pe râul Şuşiţa (judeţul Putna).
        După pregătirea de artilerie, la 11/24 iulie la orele 3 şi 5o a pornit atacul infanteriei.
       În ciuda reversurilor de pe frontul rusesc – cucerirea Tarnopolului din galiţia de către trupele germane şi austro-ungare – şi a prelevării Corpului 40 rus de la Porţile Moldovei la 12/25 iulie, ofensiva românească a continuat până la 17/30 iulie.
       Frontul a fost purtat înainte de pe valea Şuşiţei pînă într-aceea a Putnei şi de sus a Milcovului, pe o extindere de 37 de km şi cu o adâncime de 25 km.
     Prezentăm internauţilor noştri ecourile ofensivei şi a marii victoriei româneşti după jurnalul şi corespondenţa generalului  Berthelot, după memoriile reginei Maria a României şi din cotidienele franceze „Le Temps”  şi  „Le Petit Parisien”.
 
 
 
La bataille de Mărăşti
 
        Apres la reconstitution de l’armée roumaine au standards de la Grande Guerre, oeuvre accomplie avec l’aide précieux de la Mission militaire française dirigée par le général Berthelot, le Grand Quartier Général du Front roumain décida, d’accord avec la Stavka du Front Oriental russe de déclencher une offensive générale.
        Si sur le front de Bucovine à la mer Baltique la décomposition de l’armée russe et le luttes intestines en Russie ont empêché de poursuivre le plan de campagne fixé pour l’été 1917, le 9/22 Juillet le Grand Quartier Général du Front roumain – le roi Ferdinand Ier de Roumanie avec son conseilleur français (le général Berthelot), le général Prezan, chef de l’État-major–  déclencha l’offensive dans le secteur de l’Armée II roumaine (général Alexandru Averescu) ayant comme pivot central le village de Mărăşti sur la rivière de  Şuşiţa (département de Putna).
         Après la préparation d’artillerie l’attaque de l’infanterie débuta le 11/24 Juillet deux heures avant l’aube ( à 3h 50).
       Malgré les revers sur le front russe (la prise de Tarnopol en Galicie par les Allemands et les Austro-hongrois) et le prélèvement du Corps 40 russe du Front roumain (le 12/25 Juillet), l’offensive de l’armée roumaine continua jusqu’à 17/30 Juillet 1917. Le Front roumain fut porte de Şuşiţa dans la vallée de Putna et sur le cours supérieur du Milcov, sur 37 km de large et une profondeur de 25 km.
       Nous présentons à nos internautes les échos de l’offensive et de la grande victoire roumaine dans le journal et la correspondance du général Berthelot, les mémoires de la reine Marie de Roumanie et dans les quotidiens français „Le Temps” et „Le Petit Parisien”.
 
                                                                                              Sergiu Iosipescu, iulie 2017
 
 

 
Le Journal et la correspondance du général Henri Mathias Berthelot
 
23 Juillet.
     [Journal] On est très ému ici des nouvelles reçues du front russe et de la débâcle croissante de la XIe armée ; les allemands ont repris Tarnopol.
 
   [Lettre à Louise, nièce du général] En ce qui concerne les troupes roumaines elles sont en excellentes dispositions. Nos moyens d’action d’artillerie sont considérables et comparable a ceux dont on dispose en France ; j’ai donc bon espoir dans cet attaque qui peut donner des résultats importants.
 
24 Juillet
 
   [Journal] l’attaque de l’armée d’Averesco dans la montagne et celle du corps de droite de l’armée de Ragoza semblent en bonne voie.
 
25 Juillet
     [Journal] Les attaques du 2e corps roumain et de 8e corps russe marchent fort bien. De part et d’autre, ont pris 17 et 19 canons et un nombreux matériel et on annonce 2000 prisonniers.
 
     A midi coup de théâtre ! Le général Prezan vient me dire qu’un télégramme de Kerenski prescrit d’arrêter les attaques et de suspendre toute offensive.
 
     Compte rendu a Pafope [Painlevé, Foch, Pétain] des événements et indique la gravite de la situation.
 
26 juillet
 
     [Journal] l’offensive menée par le 3e, 6e et 6e divisions roumaines et par le 14e, 15e DI russes et 3e tirailleurs de Turkestan /.../ a avancé jusqu'à la Putna et Soveja, sur un front de 30 kilomètres et une profondeur de 15 sur certains points. Le nombre de canons pris est de 46. Averesco a proteste contre l’arrêt impose à ses troupes victorieuses.
 
     [Lettre à Georges, neveu du général] Les boches ont laissé 5000 des morts sur le terrain ; on a fait plus de 3000 prisonniers ; on a pris plus de 90 pièces de canon, sans compter les canons de tranchées, des mitrailleuses, des munitions en quantité considérable.
 
27 Juillet
     [Journal] Enfin on confirme les succès d’Averesco qui se développent toujours : 11 pièces et 900 prisonniers viennent s’ajouter aux prises des journées précédentes.
 
     Télégramme à PAFOPE pour intervenir à la Stavka et auprès du gouvernement provisoire afin qu’il ne soit pas question d’évacuer la Roumanie.
 
 28 Juillet
       [Journal] une division russe vient encore d’abandonner la bataille à Karlibaba : cela se rapproche !
 
      A la IIe armée, la 8e division débarrasse la vallée de Caşin, mais à sa droite le 40e corps russe refuse de marcher. Vouillemin est allé porter mes compliments à Averesco. Le total des canons pris est de 88 dont 47 par les roumains.
 
29 Juillet
     [Journal] examen sur place des destructions a réaliser en cas de replis sur les routes et chemins de fer de la vallée du Sereth
 
30 Juillet
     [Journal] etude avec Champin de l’évacuation du matériel de chemins de fer sur les lignes Ungheni-Bender et Reni-Bolgrad.
Brătianu vient, dit-il, prendre un bain d’optimisme pour un quart d’heure. Examen avec Vergnette de la situation de l’aviation, de l’envoie d’une escadrille de chasse à Botoşani , de la défense aérienne de Jassy. Traité avec le général Prezan de la mise sur pied rapide comme unités de combat des 3 divisions du 1er corps d’armée.
 
  
22 July. Many Russian regiments desobeyed. Prince Lvov resigned and Kerenski became the new president of the Council of Ministers of Russia rebaptized as Revolutionary Salvation Council.

 


 
Regina Maria a României
 
23 iulie, Iaşi
    Cred  că se vor petrece zilele acestea evenimente militare de mare însemnătate pentru noi şi mă simt în acelaşi timp îngrijorată şi nerăbdătoare, îmi inspiră mai multe temeri decât nădejdi; pentru noi e o chestiune de viaţă su de moarte şi ne-am dezobisnuit cu totul de întâmplări fericite şi de izbândă.
 
24 iulie, Iaşi
            Veştile de pe frontul rusesc numai bune nu sunt, iar noi am pornit ofensiva azi şi nu suntem siguri de sprijinul ruşilor. Mulţi consideră că atacul nostru este o nebunie primejdioasă – din păcate şi eu tind să îi susţin, dar tot mai sper că există vreo combinaţie militară norocoasă pe care eu nu o înţeleg şi care face decizia noastră nu numai necesară darşi avantajoasă; cu toate acestea mă chinuiesc nişte griji de moarte şi toată ziua am primit veşti care se contraziceau unele pe altele, tare supărătoare. Lucru curios Nando[1] nu pare prea îngrijorat.
            Într-un loc toţi bărbaţii din mahala [a Iaşilor] ne-au ajutat împingând maşinuţa la deal – erau foarte veseli şi vorbăreţi şi au declarat că speră ca în curând să intre trăgându-ne trăsura în Bucureşti, fiindcă este lucru sigur că românii vor învinge duşmanul !
 
25 iulie, Iaşi
            Ştirile militare au fost în general bune, mai puţin cele dinspre Rusia, unde într-o parte anume, germanii continuă să înainteze iar ruşii să dea înapoi. La noi ofensiva pare să fie încununată de succes, s-au luat prizonieri şi tunuri, dar inima mea nu mai poate crede în veştile nune, prea am primit numai şi numai din cele rele încă de la început, aşa că încă nu-mi vine să cred că norocul şi-a întors faţa către noi.
 
26 iulie , Iaşi
            Zi de tot mai mare îngrijorare. Nando a sosit [ de pe front] pe neaşteptate la micul dejun – a fost chemat noaptea trecută de Cartierul general, care a oprit ofensiva fiindcă în Rusia pare să se petreacă ceva teribil – cedează peste tot în faţa unui duşman ale cărui trupe sunt pe sfert cât ale lor, pur şi simplu se retrag în masă fără luptă. E o veste cumplită, o veste veste dezastruoasă şi a venit pe nepusă masă încât mă simt ameţită. Încă mă agaţ de speranţă, cum îmi este obiceiul – dar mă tem că de data asta e sfârşitul sfârşitului – de fapt dezastrul pentru noi e de neînchipuit, nici măcar nu am cuvinte, nici nu pot încerca să-l cuprind cu mintea.
 
30 iulie, Iaşi
            I-am vizitat [la Spitalul Francez] pe câţiva soldaţi şi ofiţeri răniţi în bătăliile din ultimele zile, binedispuşi şi încântaţi, în ciuda rănilor; a fost o plăcere să vorbesc cu ei, iar dorinţa lor de a lupta şi de a învinge ne face situaţia cu atât mai tragică dacă ne gândim la Rusia. Oamenii noştri sunt atât de dispuşi să lupte, atât de nerăbdători să li se îngăduie să facă tot ce pot, cu mândrie, dar din cauza primejdiei acesteia cumplite care ne ameninţă de dincolo de graniţă nu îndrăznim să ne continuăm ofensiva.

 
 
 
[1] Regele Ferdinand.
 
















 
 
 
 
 
 
Ordinul prin care generalul Eremia Grigorescu a fost numit la comanda Armatei I.

Sursa: Arhivele Militare Române


Ordinul prin care generalul Constantin Christescu
este informat că a fost înlocuit de la comanda Armatei I.

Sursa: Arhivele Militare Române
 
Instrucțiunile no. 087, din 10 iunie 1917, date de
Comandamentul Frontului Românesc Armatelor 4, 6 și 9 ruse.


Sursa: Arhivele Militare Române
 
Copia ordinului nr. 495 din 28 august 1917 adresat de generalul Şcerbacev armatelor 4, 6, 8 şi 9 ruse, în care reproduce declaraţia generalului Kornilov, comandantul suprem al armatei, în legătură cu "tentativa de lovitură de stat" ("afacerea Kornilov").


 
Sursa: ARHIVELE MILITARE ROMANE

Ordin de zi nr. 90 al comandantului Armatei I, generalul Eremia Grigorescu, 8 august 1917.



 
Sursa: ARHIVELE MILITARE ROMANE
 
Ordin de Operaţii nr. 15 al Marelui Cartier General din 29 iulie 1917 referitor la desfăşurarea bătăliei pentru Mărăşeşti.





Manifest al Ligii Basarabene contra Bolşevismului adresat profesorilor şi învăţătorilor




 




Refacerea armatei Române
(primăvara-începutul verii 1917)
 
          Unul dintre marile evenimente ale primei jumătăţi a anului 1917 pe Frontul est-european a fost renaşterea armatei române. După ultima bătălie din Muntenia pentru acoperirea capitalei, Bucureştilor, groaznica retragere spre Moldova din iarna 1916/1917 a desăvârşit dezorganizarea armatei, care purtase principala povară a campaniei aliate din anul 1916,  în această parte a Frontului de Est.
         Refacerea armatei române la noile standarde ale războiului a fost prioritatea Misiunii militare franceze şi a comandantului ei, generalul Henri Mathias Berthelot.
        Prezentăm internauţilor noştri un adevărat reportaj, întovărăşit de fotografii înfăţişând miracolul renaşterii unei armate pe care inamicii o credeau înfrântă pentru totdeauna. Acest reportaj este datorat tânărului căpitan Marcel Fontaine, membru al Misiunii militare franceze.
Supravieţuitor al epidemiei de tifos exantematic, căpitanul francez, instalat la Frânciugi, nume predestinat al cooperării româno-franceze, apoi la Rediu, se consacră cu mare seriozitate instruirii regimentului pe lângă care fusese acreditat, şi, în acelaşi timp, participă cu simpatie la viaţa cotidiană românească din această parte liberă a regatului.
       Fotografiile şi jurnalul său[1], un preţios legat al autorului pentru Muzeul Militar Naţional „Regele Ferdinand I” , înfăţişează suferinţele acelor vremuri ca şi speranţele într-o viitoare ofensivă victorioasă care nu va întârzia.
 
 
 
La reconstitution de l’armée roumaine
(printemps - début été 1917)
 
          Un des grands événements de la première moitié de l’année 1917 sur le Front est-européen fut la renaissance de l’armée roumaine. Apres la dernière bataille en Valachie pour couvrir la capitale du royaume, Bucarest, la pénible retraite vers la Moldavie dans le rude hiver 1916/1917 acheva le délabrement de l’armée roumaine, qui avait porté le principal fardeau de la campagne alliée en 1916 sur cette partie du Front oriental.
La reconstitution d’une armée  roumaine aux nouveaux  standards de la guerre fut la priorité de la Mission militaire française et de son chef le général Henri Mathias Berthelot.
        Nous présentons à nos internautes un véritable reportage, accompagne des photos concernant ce miracle de la renaissance d’une armée que l’ennemi croyait a jamais vaincue.
         Ce reportage est du au jeune capitaine Marcel Fontaine, membre de la  Mission militaire française.
Survivant de l’épidémie de typhus, le capitaine français, installé a Franciugi, nom prédestiné pour la coopération roumaino-francaise, puis a Rediu, s’applique avec beaucoup d’énergie à l’instruction des hommes de son régiment et, en même temps, il participe de bon cœur à la vie quotidienne des Roumains de cette partie libre du royaume. Ses photos et son journal[2], dont une édition roumaine abrégée a paru l’année dernière chez les Editions Humanitas de Bucarest, donnent un aperçu sur les souffrances de ce temps la mais également des grands espoirs d’une offensive victorieuse.
 
                                                                                                                                   (Sergiu Iosipescu, iunie, 2017)
 
[1] Editat graţie legatarului său testamentar domnul Alain Legoux , Marcel Fontaine, Journal de Guerre. Mission en Roumanie (novembre 1916-avril 1918), Edition de l’Académie Roumaine, Bucarest, 2009 şi, într-o traducere românească prescurtată, la Humanitas în 2016.
[2] L’archive photographique et le journal de guerre de Marcel Fontaine ont été légué au Musée Militaire National « le Roi Ferdinand Ier  » de Bucarest


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